Plusieurs facteurs ou événements peuvent accroître les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’un parc national forestier, malgré son rôle de puits de carbone. Voici quelques hypothèses de risques ou de menaces susceptibles de favoriser des émissions supplémentaires :
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Déforestation et dégradation du couvert forestier
- Exploitation illégale du bois ou coupes non contrôlées, entraînant la libération du carbone stocké dans la biomasse.
- Conversions de forêts en terres agricoles ou en infrastructures touristiques (routes, bâtiments), qui réduisent la surface végétale et génèrent des émissions directes (via les machines et la mise en place de nouvelles structures) ainsi qu’indirectes (perte de capacité de séquestration de carbone).
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Incendies de forêt
- Les sécheresses prolongées et les épisodes caniculaires liés au changement climatique augmentent les risques d’incendies, relâchant une grande quantité de carbone dans l’atmosphère.
- Les incendies successifs fragilisent les sols et la régénération forestière, pouvant prolonger l’impact en termes d’émissions de GES sur plusieurs années.
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Perturbations climatiques et maladies forestières
- L’élévation des températures et les variations du régime pluviométrique favorisent la prolifération de ravageurs ou de maladies (insectes xylophages, champignons, etc.).
- Les arbres affectés meurent plus rapidement et se décomposent, relâchant le carbone stocké dans leur biomasse.
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Dégradation des zones humides, tourbières ou sols organiques
- Les forêts humides ou tourbières accumulent d’importantes quantités de carbone dans le sol. Lorsqu’elles sont perturbées (assèchement, drainage, surfréquentation, constructions), elles libèrent d’importantes quantités de CO_2 et, parfois, de méthane (CH_4).
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Infractions environnementales et pression anthropique
- Braconnage, exploitation minière illégale, récolte excessive de bois de chauffage ou de ressources forestières qui conduisent à une perte de biodiversité et à un amoindrissement du stock de carbone.
- Surfréquentation touristique (augmentation du trafic routier, production de déchets, besoins énergétiques accrus) pouvant aussi générer davantage d’émissions.
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Mauvaise gestion ou insuffisance de mesures de protection
- Absence de plan de gestion durable (reboisement, entretien, surveillance), qui rend la forêt plus vulnérable aux menaces (incendies, déforestation).
- Retard ou manque de moyens face aux fléaux forestiers (maladies, espèces invasives), ce qui accélère la perte de biomasse et la libération de CO_2.
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Changements d’usage des sols en périphérie du parc
- Les pressions foncières autour du parc (construction, agriculture intensive) peuvent avoir des impacts négatifs sur les écosystèmes forestiers intérieurs (fragmentation, braconnage facilité, effets de lisière).
- La perte de continuité écologique (corridors fauniques et floristiques) aggrave la vulnérabilité des forêts, induisant potentiellement une moindre résilience face au changement climatique.
En somme, la capacité d’un parc national forestier à servir de puits de carbone dépend étroitement de la qualité de sa protection, de la santé écologique de ses forêts et de la gestion durable de son territoire. Toute dégradation, qu’elle provienne d’activités humaines (déforestation, tourisme mal contrôlé, incendies provoqués) ou de perturbations naturelles amplifiées par le changement climatique (sécheresses, maladies, ravageurs), peut provoquer une hausse significative de ses émissions de GES.